Site Web de Gilbert Jaccon - Fleurier numérique - fiche florale de Limodorum abortivum, Limodore à feuilles avortées, Orchidacée

Fiche florale de la Limodore à feuilles avortées

LIMODORUM ABORTIVUM  -  Limodore à feuilles avortées
Orchidacée

Période : avril - juillet            Hauteur = 20 - 80 cm

Etymologie :  liemodôron = nom donné par Théophraste aux Orobanches
                     abortivum = avorté (allusion aux feuilles avortées, réduites à de petites gaines)

Pour me reconnaître :
  - je suis très facilement repérable par ma haute taille et ma tige violette ou brunâtre
  - mes feuilles très réduites entourent la tige sur toute sa hauteur
  - mon inflorescence lâche porte de 4 à 25 fleurs violacées, assez grandes, avec un labelle de 16-17 mm jaunâtre teinté de violet, non lobé, avec un bord ondulé et un court éperon.

Je me plais :
  - dans les bois de conifères, les talus et broussailles, parfois en pelouses rases ; j'aime la mi-ombre
  - sur des substrats frais, de préférence calcaires.

On me rencontre ça et là sur une bonne partie du territoire français (Alsace, Nord, Ouest, Massif Central exceptés), de manière sporadique et imprévisible. Eh oui ! Je suis le SDF hippie de la famille des Orchidacées, hippie par ma couleur et SDF par mon habitat !

Clichés : entre Varces/Risset et le plateau du Peuil (38), le 23/05/2009 — (Canon EOS 40D)

Selon Pierre Delforge, la biologie des Limodores est mal connue ; ils sont réputés dépendre d'une symbiose avec des champignons de type Russule, mais leurs racines ont déjà été observées soudées à des racines d'arbres ou de cistes. Ce qui conduit certains auteurs à les tenirs pour parasites. Il est certains que ces plantes sont dépendantes, leur vie durant, de mycorhizes (association avec un champignon) complexes et qu'elles contiennent de la chlorophylle.
Par ailleurs, il est fréquent qu'une partie plus ou moins importante de l'inflorescence ne s'ouvre pas ; ce qui n'empêche pas l'autofécondation d'avoir lieu (cléistogamie) ; des floraisons suivies de fructifications entièrement souterraines ont été observées.
Enfin, la plante peut subir des éclipses prolongées et disparaître plusieurs années, en cas de sécheresse ou quand le couvert végétal est trop dense (Guide des Orchidées, page 53).

Fiche rédigée le 23 février 2010 par Gilbert Jaccon